Bien régler le carburateur est capital pour assurer le bon fonctionnement d’une Citroën 2CV. Lorsque le moteur présente des signes d’irrégularité, tels que des à-coups à l’accélération, une consommation excessive de carburant ou un démarrage difficile, la carburation y est souvent pour quelque chose. Un ajustement précis garantit à la fois un moteur plus réactif, mais protège aussi contre les défaillances précoces dues à l’encrassement ou à une sollicitation excessive.
Quel est le rôle du carburateur sur la 2CV
Sur les modèles de Citroën 2CV, l’alimentation du moteur repose principalement sur deux types de carburateurs :
- Le Solex simple corps installé sur les premières générations.
- Le carburateur double corps utilisé sur les versions plus récentes comme la 2CV6.
Cette distinction influence directement le comportement mécanique du véhicule, mais aussi la complexité des réglages à effectuer.
Le carburateur a pour fonction de réaliser le mélange air-essence indispensable à la combustion. Une mauvaise proportion entraîne une dégradation des performances, des ratés d’allumage ou une surconsommation notable. Un mélange trop riche provoque un encrassement rapide de la chambre de combustion et augmente les émissions polluantes, tandis qu’un dosage trop pauvre réduit la puissance et favorise la surchauffe interne du moteur.

De quoi avez-vous besoins ?
Avant de toucher aux vis de réglage du carburateur, quelques vérifications préalables sont nécessaires pour éviter un diagnostic erroné. Le contrôle de l’état du filtre à air constitue la première étape : un filtre colmaté fausse l’apport en oxygène, rendant toute tentative de réglage inefficace.
Il est également impératif que l’allumage soit correctement synchronisé. Un défaut de calage ou des ruptures au niveau des contacts d’allumage peuvent simuler des problèmes de carburation alors qu’ils prennent leur origine ailleurs. Négliger ce point conduit fréquemment à des corrections inadaptées sur le carburateur, sans effet bénéfique sur le comportement du moteur.
Les outils nécessaires
- Tournevis plat de qualité pour limiter le risque d’endommagement des vis.
- Lunettes de protection, particulièrement utiles lors des manipulations sur un véhicule ancien exposé aux projections.
- Gants adaptés pour préserver mains et poignets des parties chaudes ou des bords saillants.
- Lampes d’inspection pour améliorer la visibilité autour du compartiment moteur.
- Trousse de nettoyage pour éliminer les dépôts et résidus issus des anciens réglages.
Les étapes clés pour régler le carburateur d’une 2CV
Comment stabiliser le régime de ralenti et optimiser la richesse ?
La stabilité du régime moteur au ralenti dépend du bon positionnement de la vis de ralenti et de la vis de richesse. Pour intervenir efficacement, il convient d’utiliser un tournevis plat adapté afin de ne pas détériorer les têtes de vis, parfois fragilisées par le temps.
Travaillez moteur à température de fonctionnement, avec le starter totalement rentré et, idéalement, le filtre à air en place (un réglage “filtre démonté” fausse souvent la richesse). Pour partir sur une base saine sur les carburateurs double corps, une méthode classique consiste à visser la vis de richesse jusqu’en butée sans forcer, puis à la dévisser d’environ 1 tour ¾ à 2 tours avant d’affiner au quart de tour.
Côté ralenti, un repère pratique est d’amener le régime à la limite d’entraînement du tambour d’embrayage (“léchage”), puis de faire redescendre légèrement pour supprimer tout entraînement parasite.
L’idéal consiste à agir par quarts de tour successifs, en observant attentivement les réactions du moteur après chaque modification. L’objectif est d’obtenir un régime stable, exempt de variations brusques ou de calages intempestifs, aussi bien à l’arrêt qu’à la reprise après une légère sollicitation de la pédale d’accélérateur.
Quels symptômes surveiller durant les ajustements ?

L’aspect des gaz d’échappement renseigne sur la qualité du mélange air-essence :
- Une fumée noire indique un mélange trop riche (excès de carburant, richesse trop ouverte, filtre à air colmaté).
- À l’inverse, la fumée blanche n’est pas un indicateur fiable d’un mélange trop pauvre : elle correspond souvent à de la condensation à froid, et si elle devient épaisse, elle peut signaler un problème sans lien direct avec le réglage du carburateur (infiltration de liquide).
- Une fumée bleue renvoie plutôt à une consommation d’huile (segments/joints), ce qui sort du strict réglage de carburation. Il est primordial d’effectuer plusieurs accélérations franches pour valider la réactivité et vérifier l’absence d’hésitations.
Même après des réglages adéquats, il n’est pas rare de constater des pertes de puissance persistantes ou des bruits anormaux. Dans ce cas, il faut envisager l’usure ou l’obstruction des gicleurs, à contrôler systématiquement pour éliminer tout défaut matériel sous-jacent.
Les erreurs à ne surtout pas commettre lors du réglage !
L’un des pièges courants consiste à confondre des dysfonctionnements d’allumage avec ceux liés au carburateur. Les symptômes sont souvent similaires, d’où l’importance d’adopter une démarche méthodique basée sur l’exclusion progressive de chaque cause potentielle.
Une autre erreur répandue consiste à négliger les essais routiers après correction des réglages en atelier. Seuls ces essais permettent d’évaluer réellement la pertinence des modifications.
Spécificités selon le type de carburateur
Les différentes variantes de carburateurs, entre simple et double corps, exigent des approches distinctes. Le simple corps, reconnu pour sa robustesse et sa facilité de réglage, tolère certains écarts. À l’inverse, le double corps requiert une attention particulière : son architecture complexe vise à améliorer les performances sous forte charge, mais nécessite une synchronisation fine des deux circuits pour éviter déséquilibres et trous à l’accélération.
Certains modèles spécifiques, comme ceux montés sur les Méhari ou adaptés à un usage tout-terrain, présentent des modifications supplémentaires. Ces adaptations impliquent généralement des jets différents ou des réglages particuliers, conçus pour répondre à des plages de régime spécifiques et à des sollicitations répétées en environnement poussiéreux.






